Le rugby est plus qu’un sport de combat. C’est un art du respect et de la solidarité. C’est un état d’esprit, une manière de vivre ensemble et une culture. Autant de raisons qui expliquent son succès grandissant. Bien sûr, il exige un minimum de muscles. Mais il demande aussi de la tête pour vaincre. Et de l’imagination. Ce monde à part entière possède ses codes, son langage et son vocabulaire. Il vit au travers de ses mots, les petits et les gros. Des tribunes au bord de la touche, en passant par le terrain, rencontres et entraînements voient fuser des jurons et autres injures colorés et souvent très originaux. Ce site recense donc les « gros mots » entendus ici et là. Définis comme il se doit, ils constituent le début d’un lexique que chaque internaute pourra compléter. Mais ils ne sont pas destinés seulement aux colosses professionnels. Ils sont dédiés surtout à ces milliers d’anonymes qui, chaque week-end, viennent se vautrer dans la boue ou encourager leurs équipes. Alors n’hésitez pas à puiser le gros mot qui convient. Et à proposer ceux qui vous auront séduits.
Pierre Chavot
L'édito
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Il ne s’agit pas d’une prothèse mais d’une réalité cruelle. Avoir des pieds d’alu n’est pas drôle, surtout par temps humide, lorsque la terre grasse comme un chichon aspire les crampons et gêne les courses. Le pauvre atteint de cette difformité est obligatoirement un arrière. Grand, mince, musclé sans excès, il porte sur le visage les traces d’une acné ravageuse qu’aucun traitement n’a pu calmer. Lorsqu’il s’élance, ses longs membres inférieurs se soulèvent, comme les pattes d’une sauterelle. Seule différence avec l’insecte, il semble avancer au ralenti, plombé par l’alu qui, dès sa naissance, s’est introduit dans ses os. Aucune métallurgie ne peut l’en faire sortir. Le joueur doit faire avec. Résultat, il est rattrapé, plaqué, la tête dans l’herbe. Mais ses partenaires l’aiment et sont vigilants. Il est si attachant avec ses efforts, son envie, sa détermination. Dès qu’il touche le sol, ils sont déjà là, soutiennent le corps malmené et protègent le ballon pour une nouvelle relance. Oui, avoir des pieds d’alu, c’est vraiment pas drôle.
Pierre Chavot
Les définitions, P
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Attribut viril, la moustache en impose. Petite, large, fournie ou clairsemée, cette touffe de poils parfois très soignée orne le visage d’un individu particulier quand il s’agit d’un gros mot. Le moustachu, joueur ou arbitre, se tient la tête haute, le buste droit et, souvent, le regard altier. Enfin dans les premiers temps. Il est alors certain de détenir la vérité, jusqu’à ce qu’elle le rattrape. Parce que le rugby n’aime pas beaucoup les vaniteux. Le moustachu, quand il a la balle, veut montrer sa technique impeccable même s’il effectue une passe incorrecte, ses décisions justes même s’il se trompe, son sens du placement même s’il n’est pas au bon endroit… Enfin, c’est toujours la faute des autres. L’entraînement et les matchs se chargent de le rappeler à la réalité, souvent de manière douloureuse, surtout pour sa moustache.
Pierre Chavot
Les définitions, M
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C’est direct et parfaitement adapté. Regardez-le se planquer derrière ses partenaires, à l’affût d’un mauvais gnon. Dès le coup d’envoi, l’arbitre l’a repéré et le surveille. Pendant la partie, le voyou, dos voûté, bras démesurés et jambes maigres, se déplace comme une araignée, tissant sa toile de mêlée en maul. Lorsqu’il a repéré sa victime, il profite d’un regroupement pour jouer le ballon au sol, le gratter après avoir pincé le détenteur, ou bien pour en pourrir la sortie. À chaque fois, il provoque une pénalité, et finit par une expulsion temporaire, les fatales dix minutes. Bon, il paraît que le voyou, à force, finit par s’améliorer. Pourvu que ça dure.
Pierre Chavot
Les définitions, V
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