Bourrin
Un faut imaginer un cheval chaussé de crampons. Pas un pur-sang. C’est la bête de labour, un bon percheron tout poilu qui ne regarde pas à la dépense, qui fonce sur tout ce qui bouge, et parfois sur les poteaux tant il a d’ardeur. Respecté de ses co-équipiers, craint des joueurs d’en face, il officie généralement en première ligne, là où il faut creuser la terre à coup de semelle, pousser le joug pour être plus fort, frotter son corps endolori sur les épaules moulues du vis-à-vis. Mais il lui arrive de sourire quand, tout heureux, il se relève après avoir bousculé une rangée d’avants et contribué, par sa grande finesse, à une moisson d’essai. À la troisième mi-temps, il est le premier à tendre la chope pour un verre de l’amitié, et les suivants.
