M

Moustachu0

Attribut viril, la moustache en impose. Petite, large, fournie ou clairsemée, cette touffe de poils parfois très soignée orne le visage d’un individu particulier quand il s’agit d’un gros mot. Le moustachu, joueur ou arbitre, se tient la tête haute, le buste droit et, souvent, le regard altier. Enfin dans les premiers temps. Il est alors certain de détenir la vérité, jusqu’à ce qu’elle le rattrape. Parce que le rugby n’aime pas beaucoup les vaniteux. Le moustachu, quand il a la balle, veut montrer sa technique impeccable même s’il effectue une passe incorrecte, ses décisions justes même s’il se trompe, son sens du placement même s’il n’est pas au bon endroit… Enfin, c’est toujours la faute des autres. L’entraînement et les matchs se chargent de le rappeler à la réalité, souvent de manière douloureuse, surtout pour sa moustache.

P

Pieds d’alu0

Il ne s’agit pas d’une prothèse mais d’une réalité cruelle. Avoir des pieds d’alu n’est pas drôle, surtout par temps humide, lorsque la terre grasse comme un chichon aspire les crampons et gêne les courses. Le pauvre atteint de cette difformité est obligatoirement un arrière. Grand, mince, musclé sans excès, il porte sur le visage les traces d’une acné ravageuse qu’aucun traitement n’a pu calmer. Lorsqu’il s’élance, ses longs membres inférieurs se soulèvent, comme les pattes d’une sauterelle. Seule différence avec l’insecte, il semble avancer au ralenti, plombé par l’alu qui, dès sa naissance, s’est introduit dans ses os. Aucune métallurgie ne peut l’en faire sortir. Le joueur doit faire avec. Résultat, il est rattrapé, plaqué, la tête dans l’herbe. Mais ses partenaires l’aiment et sont vigilants. Il est si attachant avec ses efforts, son envie, sa détermination. Dès qu’il touche le sol, ils sont déjà là, soutiennent le corps malmené et protègent le ballon pour une nouvelle relance. Oui, avoir des pieds d’alu, c’est vraiment pas drôle.