A

Anculé0

Seuls les Parisiens pensent, en grands couillons, que ce mot commence par un E. La lettre A, indispensable à tout accent du Sud-Ouest, a une grande importance dans ce terrible juron. L’anculé n’est pas seulement un mauvais joueur, c’est un spécialiste du coup bas et de la boîte à gifles. Profitant des regroupements, il introduit ses petits doigts nerveux dans l’orbite de ses adversaires ou leur mordille l’oreille. Il se reconnaît en général à son odeur épouvantable, son teint gris et une fâcheuse tendance à la bière (de mauvaise qualité, bien sûr). Attention, certains donnent l’impression d’être en bonne santé. Il existe enfin des arbitres anculés, plus difficiles à démasquer.

A

Asticot0

Tout pêcheur averti sait que l’asticot est une larve de la mouche née de minuscules œufs pondus dans un morceau de viande. Avec ses petits yeux vicieux, son corps tout blanc qui se tortille dans tous les sens dès qu’il est fixé sur l’hameçon, cette chose visqueuse est un rappel incessant à la pourriture et aux mauvaises odeurs. Eh ! oui, au rugby, c’est pareil. L’asticot est un joueur, ou prétendu tel, aux membres fins et blancs, qui ne voit jamais le soleil, d’une myopie affolante, d’un esprit particulièrement tordu et dont l’haleine est déplorable. Aussi mou que son homologue larvaire, il se glisse dans les petits trous laissés par les gros (ceux de devant) et vient pourrir les ballons pour empêcher le jeu. Le meilleur moyen de neutraliser l’asticot est de lui donner à manger un ailier frêle, si possible malade, et plutôt en début de match. Une fois agrippé à sa victime, il suffit de le piétiner par inadvertance et de s’excuser. C’est la moindre des politesses. En général, il sort du terrain, l’ailier aussi.