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Bas du cul0

Le cul est composé de deux hémisphères musclés et couverts de peau, l’un à droite, l’autre à gauche, ronds, plats ou encore bombés. Il existe des culs hauts, des faux culs (voir ce mot), des culs terreux (c’est pas gentil), des culs de basse fosse, des culs en goutte d’huile, et même des anculés (voir aussi ce mot). Mais le bas du cul est un être spécial. En général petit et râblé, presque aussi haut que large, il est plutôt chauve, avec de tout petits yeux rapprochés, comme les fouines. Son signe distinctif : un short qui ne parvient jamais à rester sur la taille, qui tombe sur le cul en question, aussi vaste qu’un estuaire. Aucun élastique n’est assez tendu. Et au jeu, le bas du cul n’a jamais l’air d’y toucher. Erreur. C’est un prédateur, un gourmand, un rusé. Il est toujours bien placé et surgit où on ne l’attend pas. En résumé, c’est une plaie.

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Basque0

Au sud de l’Aquitaine vit un peuple farouche, à l’accent parfois rocailleux et aux mœurs difficiles à comprendre. Au rugby, ils se parlent dans leur langue, considèrent les autres d’un air méfiant et ne ratent pas une occasion de se bagarrer. Mais ce sont de formidables combattants. Traiter un joueur d’« espèce de Basque » est donc à la fois une insulte, quand par exemple il assène un coup de poing sur le nez d’une autre, même un coéquipier, et à la fois un compliment quand il fait l’inverse. Le seul problème : on ne sait jamais ce qu’il va faire. Alors, méfiance.

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Bite d’âne0

Ce pauvre animal est pourvu d’un sexe hors norme, dont il se sert, lorsqu’il est en forme, pour besogner sa femelle dans les champs. Rapportée au rugbyman de base, la « bite d’âne » désigne un joueur dont la bêtise est proportionnelle à la taille du sexe en question. Idiot, il fait les mauvais choix, se place toujours où il ne faut pas, rate systématiquement les placages, accumule les en avant et les hors-jeu. Pourtant, il est formidablement sympathique. Et comme au rugby toute personne réunissant les qualités humaines nécessaires a sa place, il reste… Le mieux est de l’utiliser lorsque l’équipe est certaine de gagner.

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Bon à rien0

Être bon et ne servir à rien, c’est terrible. Le bon à rien vit un calvaire. Il a beau faire, rien ne va, tout se défile. Untel lui fait une passe, il tend ses mains fébriles pour saisir le précieux trophée et, patatra, c’est l’en-avant. Une autre fois, tout heureux d’avoir pu enfin s’en saisir, il tente un petit coup de pied pour mettre un des centres en orbite et l’interception de l’ennemi conduit à un essai meurtrier. Pourtant, ses copains l’aiment beaucoup, le bon à rien. Il est attachant, appliqué, assidu, toujours content, la mine réjouie, même dans les pires difficultés. Et quand il finit un match sans avoir fait la moindre bêtise, c’est parce qu’il n’a pas touché le ballon. Quant à l’arbitre bon à rien, il bénéficie de ce titre prestigieux lorsque les supporteurs d’une équipe contestent une décision. Autant dire très souvent…

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Boucherie0

Désosser, couper, trancher, travailler au cœur de la viande : le rugbyman est un rai boucher, les outils en moins. Expression préférée des piliers : « Ça va être la boucherie », inaugure un combat titanesque. Ces « gros » sont en manque de côtelette à mordiller, de tendron à malaxer et de cuisse à cisailler à l’aide de placages assassins. Gare à celui qui laisse traîner son filet mignon : il est aussitôt tailladé par ces carnivores au sourire carnassier. L’un d’eux, S… pour ne pas le nommer, est connu pour son appétit (et son cœur) hors norme. Grand amateur de cornichons, il s’en sert après les matchs pour enlever de ses dents acérées cette délicieuse odeur de la victime apeurée. Bon, il rend toujours les morceaux de viande qu’il a prélevés. On peut être boucher et poli !

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Bourrin0

Un faut imaginer un cheval chaussé de crampons. Pas un pur-sang. C’est la bête de labour, un bon percheron tout poilu qui ne regarde pas à la dépense, qui fonce sur tout ce qui bouge, et parfois sur les poteaux tant il a d’ardeur. Respecté de ses co-équipiers, craint des joueurs d’en face, il officie généralement en première ligne, là où il faut creuser la terre à coup de semelle, pousser le joug pour être plus fort, frotter son corps endolori sur les épaules moulues du vis-à-vis. Mais il lui arrive de sourire quand, tout heureux, il se relève après avoir bousculé une rangée d’avants et contribué, par sa grande finesse, à une moisson d’essai. À la troisième mi-temps, il est le premier à tendre la chope pour un verre de l’amitié, et les suivants.