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Chevelu0

Apparue tardivement sur le bord de la touche, cette invective est dirigée contre un talonneur irascible, volontiers tricheur et particulièrement laid. Le coupable est en général puni par l’équipe adverse et si l’arbitre n’est pas un anculé, il peut hériter d’un bon dix minutes, histoire d’aller boire une bière sur le bord de la touche. Une fois revenu sur le terrain, il doit être surveillé comme l’huile sur le feu. Et si, au match suivant, il se présente les cheveux courts, vous pouvez être certains qu’il a changé. Jusqu’à la repousse.

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Con0

Ah ! le con. On peut dire que c’est l’ancêtre, le modèle, la référence dont le minable connard (voir ce mot) s’est totalement inspiré. Il est pire que tout, veule, menteur, brillant de bêtise, et tant d’autres qualités. Vous le voyez courir, le nez en l’air, le regard vague, les mains pendant sur un corps sans expression. Si d’aventure il croise vos yeux, fuyez les siens. Vous pourriez être contaminé. Au contraire de l’imbécile, qui peut être heureux, lui n’est jamais satisfait. Il brigue l’excellence et ramasse le purin. Il veut montrer qu’il est le meilleur et ne récolte que la consternation. Alors pitié, ne pas faire jouer les cons. Le rugby déteste.

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Connard0

Universel, intemporel et spécialement antipathique, le connard se repère à son bavardage. Alors que les équipes évitent de discuter, surtout les décisions de l’arbitre, il jacasse, conteste, adresse insultes et réflexions désagréables à son vis-à-vis qui doit évidemment rester de marbre, du moins pendant un temps. Premier à parler, il est aussi le dernier à se battre, s’il le faut. Il arrive que l’on se trompe et qu’un connard ne le soit pas (vraiment). Il est alors recommandé de lui dire : « Je retire connard. » Rien ne vous empêche de le traiter de minable ou de pieds d’alu. Le connard existe aussi en dehors des stades, malheureusement…

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Couilles d’argile0

Au Moyen Âge, le mot coille s’appliquait aux simples testicules, ces petits sacs qui permettent de faire des bébés et, à l’occasion, de démontrer sa virilité. Bref, les couilles d’argile ne croient pas si bien dire. Car à partir de 1594, dit un dictionnaire savant, le mot couille était adressé aux lâches, et, plus récemment, aux « couilles molles ». Au rugby, ce sont ces pauvres joueurs qui, pas forcément débutants, se dérobent à la moindre attaque, se mettent toujours là où il ne faut pas et, pris sur le fait, adressent un ce ces airs étonnés qui désarmerait le diable en personne. Parce qu’en plus, ils ont du culot. Souvent relégués sur le banc, en attendant un hypothétique remplacement, ils savourent ces moments de tranquillité. Parfois, ils sont appelés et il faut voir leur teint blêmir, leurs jambes flageoler. Il arrive pourtant qu’une couille d’argile fasse preuve d’un courage extraordinaire. Comme quoi.

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Couillon0

Petit frère de la couille d’argile, le couillon n’a pas sa classe. Il se contente de grapiller des ballons perdus et, le cas échéant, de les garder égoïstement avant de se précipiter en touche lorsqu’il est poursuivi par des ennemis voraces. Il n’est pas très courageux mais attachant. Agrippé aux regroupements, comme ces poissons pilotes qui suivent les carnassiers, il dandine pour faire illusion, et tend un bras, au cas où la balle tomberait miraculeusement. Autre caractéristique : on le retrouve souvent là où il ne doit pas être. Il s’y sent si bien.