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Lettré0

Voilà une insulte originale, entendue un dimanche d’hiver, et sortie de la bouche d’un supporteur qui, c’est évident, ne connaissait pas par cœur Homère et Platon. D’ailleurs, ça n’a aucune importance. La culture, au rugby, est dans les cœurs, pas dans les livres. Après enquête, le gros mot lettré s’adresse à un joueur perdu dans les nuages, qui, au lieu de jouer, philosophe et donc se fait déborder. L’économie de parole étant indispensable, il vaut mieux qu’il s’abstienne de commenter et qu’il se concentre sur la partie. Côté physique, le lettré a les cheveux plutôt longs, avec une mèche sur le côté. Impeccablement rasé, les dents presque blanches (le vin rouge tache quand même), il passe des heures à se nettoyer après le bain de boue du terrain. Ah, lorsqu’il a mal, il crie des jurons incompréhensibles (« diantre », « fichtre » et même « mince de crotte », ce qui n’est vraiment pas bien. Hou !).